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jeudi 10 novembre 2011

mercredi 25 février 2009

C'était le journal

Le journal de l'année 94, taille de caractères 1. Je n'avais pas trouvé plus petit. Stries irrégulières qui empilaient les mois et les mots sur quelques cm2.




dimanche 9 décembre 2007

passe passe : bus


Le pont


Alain Cavalier filme Beatrix Beck comme l'ouvrière des mots, de l'écrire, qu'elle a toujours été. Ce stylo bille, qui forme le pont entre la décharge et le cimetière ("La décharge"), brille par sa transparence. L'encre descend tout doucement vers la pointe et le chemin qui se dessine, celui que papa Christian emprunta autrefois, se détache alors plein d'âmes à prendre : celle de l'illétré (dans "Moi ou autres"), celle de la misanthrope ("Plus loin mais où"). La main gauche accompagne, encourage, la marche obstinée ignorée du temps. C'est "l'institutrice", la "marraine". "J'aime pas écrire mais tout outil doit travailler" pourrait inscrire avec malice, la main droite.

lundi 3 décembre 2007

Oiseaux du lundi

Bien au-dessus des rues de la Tour fine et de l'Enfer, ils décrivent des lignes qui se croisent comme une innocence des formes.

samedi 1 décembre 2007

samedi 13 octobre 2007

samedi 8 septembre 2007

Ora ti guardo

"Tu dormi nel mio letto
ora ti guardo", Patrizia Cavalli.

Pourtant l'être aimé est introuvable.
"La mort de Martin est un coeur vivant" se répète la narratrice du Lit de Dominique Rolin. Le cherche-t-elle dans les sombres plis de ce lieu où elle aimait le mordre pendant l'amour ? Désormais, c'est elle qui est mordue. Déjà le serpent s'éloigne et elle le laisse faire. Là-bas, cet autre lit déborde de souffrance. Ici, la présence de Martin est si ancrée dit-elle qu'elle en devient inutile. C'est de ce paradoxe obsédant qu'elle nourrit son regard scrutant une fois encore le lit.

dimanche 2 septembre 2007

Main(s)




"y así dos manos son una sola mano"
Roberto Juarroz in Decimocuarta poesia vertical, 67


Dans le texte de Juarroz, le processus de fusion jusqu'à disparition du double, associé au "voyage", n'est que solution provisoire. A la fin du poème, rien n'est joué : la question reste posée car la réponse n'engendre qu'échanges muets.
Comment détacher main et bras ? En somme, qu'est-ce que la main sans le mouvement ? Véritable poumon, le bras aurait cette fonction unique : dédoubler (le double réincorporé) sinon décupler des potentialités de porte-lance. Le bras, son plus fidèle ami, est le voyage de la main. A ce stade, le reste du corps est inutile. Main-bras=poumon et cette possibilité du déplacement. Donc, tout à la fois, jambe et pied. Nouveau centre, distribuant singuliers et pluriels organiques le long d'une ligne de partage qu'il faut fouiller avec obstination.
*
Pour Jabès (La Mémoire et la main), la main est condensé de l'expérience humaine; bien plus que le visage - si ce n'est, visage véritable.
Alors, oublions provisoirement le pessimisme de Bernard Noël.
Dans Extraits du corps, les mains sont impuissantes et déchirées. C'est toujours le geste qui, parfois en pleine lumière, efface la main, les mains -condamnées au silence, à l'obscurité.