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samedi 10 janvier 2015
vendredi 11 novembre 2011
samedi 20 octobre 2007
"Spiritual"
Comme dans Spiritual de Coltrane, cette dignité qui lève son astre. Pourtant, l'horizon tournoie et s'enflammerait s'il n'y avait l'élégance même de cette démarche. L'homme était à terre. Il se lève devant nous. Désormais le sol n'est plus une compensation mais le socle fragile et souple de l'élection qui advient mais ne retient plus. Spiritual, ces notes en supplément de Baldwin (Go and Tell it on the Mountain); et ce que nous dit Coltrane à chaque fois que nous sommes en colère lourds parfois des colères de nos pères. Comment être encore soi dans la colère, avec la colère ?
Les baskets de Roubaud
Il y avait eu cette rencontre rue Richelieu, à la BNF. Dominique Perrault n'avait pas encore dressé les tours projetant l'ombre de Mitterrand sur la Seine. Une rencontre près du fichier des incunables. Une rencontre ? Il faut être deux pour cela. Or, étrangement, puisque j'étais un de ses lecteurs, Roubaud ne me reconnut pas. Il portait des baskets si peu protocolaires (prêtées par Jacques Réda ?). Il avait aussi un t-shirt bleu enfoncé dans son pantalon remonté très haut. Nul ne veillait plus sur lui. C'était bien après le début du projet Mississippi Haibun (La bibliothèque de Warburg). Ces baskets l'attestaient : il fallait l'ordre et la déraison d'un dispositif pour encore venir ici. Pas même se méfier du lecteur mais échapper à cette "mort qui progresse encore" (Quelque chose noir), avant même qu'elle ne vienne. Et ce qui me touchait déjà, voyant Roubaud tenir ce carnet à l'ancienne et remonter les marches vers la salle de lecture, c'était la clarté de ses échecs presque aussi beaux que ses vers. Il fallait marcher comme lui et autant que lui pour en rire ainsi.
mercredi 26 septembre 2007
Marcher vers, marcher autour
La question de la direction plus que celle de l'objectif. Etre sensible à la forme que prennent les traversées de Wolfgang Büscher.
Ecrire, c'est aller vers l'Est (Berlin-Moscou), avec ses jambes, son carnet, l'oeil alerte du reporter. Ecrire vers l'Est avec ce corps. Ce corps seul, comme démenti de l'Histoire qui traverse et ravage. Ou plutôt : marcher comme traversée moins de l'espace (wald! wald!) que du temps.
Ecrire, c'est faire le tour (l'Allemagne, un voyage). La frontière comme fil d'où le funambule peut tomber (dans le Rhin glacé ? dans le lit d'une chambre aux souvenirs déprimants ?). Mais habile, l'athlète au doux lyrisme, à force de marcher, d'écrire, dégage bien une forme, dont on ne sait si elle dément ou confirme le pessimisme global qui ancre déjà ce siècle.
mardi 25 septembre 2007
France Musique - "A portée de mots"
Merveilleux moment à écouter Martine Cadieu parler de Luigi Nono. De cette traversée mystique de la Forêt Noire, qui lui inspirera Camiantes, no hay camino. Ce qui compte désormais, pour Nono, c'est de cheminer. Et nous suivons encore Cadieu évoquer le dialogue de Falla et de Lorca. Au plus près de cette parenté entre poésie et musique.
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