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samedi 6 décembre 2008

Lumière des babéliens


Son exubérance calculée me fatigue. C'est, de loin, le plus babélien d'entre nous. Il collectionne les langues. Après le cours, il parle russe au doyen de notre groupe, P. 75 ans.

P., discret, habillé de manière toujours impeccable comme quand il était conservateur à la BNF, a appris seul, le russe, le hongrois, le turc, un peu de polonais.

Il se souvient de Brest, un matin d'avril 40 : le corps expéditionnaire entraîné pour partir en Finlande et finalement envoyé à Narvik, défilant, ski de fond sur le dos.

*

A la bibliothèque, M. s'enthousiasme, à sa manière finlandaise, sobre : et oui je connais 22 Pistepirkko. Ce groupe minimaliste de blues d'Helsinki a même tourné ici et j'ai raté ça... Reste, comme me le dit M., leur best of, qui arrive bientôt.

samedi 5 avril 2008

Morphologie urbaine

Missä on "hirviön silmä" ? Où est "l'oeil du monstre" ?
Quand Jyrki Kiiskinen convoque ce regard dévorant, retourne-t-il le miroir ou compte-t-il sur la vitesse (lumière+oubli) pour déchirer l'épaisseur des apparences ?

jeudi 14 février 2008

Sokea



Rien n'est comme cette nuit qui ne vient pas à force de s'engloutir.
délaissant le bleu occultant les bords
étendant, par ce cadrage paradoxal, brutal,
la ligne qu'elle trace,
l'aveugle, sokea.
Mendier. Mendier parce que la compagnie des saints est vénéneuse. Ils habillent l'espace de promesses puis dérobent les derniers feux.

mercredi 19 décembre 2007

Todennäköisesti

Ces mots longs, étranges. Apprendre, c'est passer de leur côté : ces voyelles qui vous domestiquent. Comme ravi deux fois par l'étonnement et la reconnaissance. Kyllä.

dimanche 16 décembre 2007

kaksikymmentäkaksi norsut

Peu à peu le suomi astuu sisään kotissame.
Le matin s'étire. Combien fait-il à Helsinki ? 2°, ici. Je chantonne et I. me suit gaiement : "kaksikymmentäkaksi norsut".

dimanche 9 décembre 2007

Sataa vettä

En quête de pitance, bd. st Michel. A peine de le temps de manger avant le cours. Après le coup de fil, je comprends soudain pourquoi l'enfant avait mis du temps à décrocher. Lui et sa soeur lisaient sagement à l'étage.
Le scénario habituel se reproduit, hormis l'absence de Paulo, l'adepte de métal finlandais (il faut croire que nous sommes tous ici pour une raison personnelle). Plongé dans une semi-obscurité qui repose de la semaine, nous révisons avant que K. n'arrive, précédée de ce bruit de dégriongolade maîtrisée, presque joyeuse. Les marches qui résonnent me rappellent que la tarte au poire chocolat du repas est restée dans la poche, m'empêchant d'atteindre le dictionnaire.

vendredi 30 novembre 2007

Marraskuussa

Quand je sors de l'Institut, toujours cette file de sages passionnés qui attendent le prochain Clouzot.
Je suçotte le petit suklaa offert par Joe et bifurque à Saint-Michel.
Marraskuu, c'est littéralement le mois de la mort. Le mot est ancien : mort qui revient avec la Toussaint appeler l'hiver si fort.