dimanche 9 décembre 2007

Le pont


Alain Cavalier filme Beatrix Beck comme l'ouvrière des mots, de l'écrire, qu'elle a toujours été. Ce stylo bille, qui forme le pont entre la décharge et le cimetière ("La décharge"), brille par sa transparence. L'encre descend tout doucement vers la pointe et le chemin qui se dessine, celui que papa Christian emprunta autrefois, se détache alors plein d'âmes à prendre : celle de l'illétré (dans "Moi ou autres"), celle de la misanthrope ("Plus loin mais où"). La main gauche accompagne, encourage, la marche obstinée ignorée du temps. C'est "l'institutrice", la "marraine". "J'aime pas écrire mais tout outil doit travailler" pourrait inscrire avec malice, la main droite.

lundi 3 décembre 2007

Oiseaux du lundi

Bien au-dessus des rues de la Tour fine et de l'Enfer, ils décrivent des lignes qui se croisent comme une innocence des formes.

Hanté par Niépce


dimanche 2 décembre 2007

Magenta, 6h12


La langue autre

Croyant échapper à la curiosité de leur fille, les parents de Lydia Flem (Lettres d'amour en héritage) changeaient de langue pour évoquer leurs petits secrets. Allemand, anglais, italien : Lydia finissait par les maîtriser et donc, les rattraper.
La langue autre comme ligne de fuite est aussi arme sociale.
Maître Pathelin a lu Bourdieu et peut ainsi humilier deux fois Guillaume, le naif drapier. Passant de l'occitan au flamand puis au latin, il ne fait pas que simuler une possession soft, mais signifie que lui sait et que l'autre n'est qu'un vulgaire pequenaud.

samedi 1 décembre 2007

Main(s) II


Pencher est cet invariant

à l'épreuve de ton égarrement
la place : qui
ne la cherche
qu'à moitié -
voilà, le train
part
et cette chose tombe comme
tu éprouves ce qu'alors
elle veut
vraiment dire